Le High Weald est l’une de ces campagnes anglaises qu’on croirait dessinées : collines douces, chemins creux entre de hautes haies, moutons, vergers et villages à colombages semés de « oast houses », les anciens séchoirs à houblon aux toits pointus. Classée « Area of Outstanding Natural Beauty », la région s’étend à cheval sur le Kent et le Sussex de l’Est, à moins d’une heure et demie de Londres — et pourtant, on n’y croise presque personne sur les petites routes.
La boucle proposée part de Biddenden et descend jusqu’à la mer en deux journées équilibrées : Rye et sa citadelle, les falaises de Fairlight, puis Hastings pour la nuit ; retour le lendemain par Battle et son abbaye — le vrai site de la bataille de 1066 —, le château de Bodiam et les jardins de Sissinghurst. L’histoire d’Angleterre se raconte quasiment à chaque kilomètre.
Le relief est typique du Weald : pas de long col, mais une succession de bosses courtes et parfois raides, pour environ 1 200 m de dénivelé sur l’ensemble. Les routes sont étroites mais très calmes, au revêtement correct : un vélo de route ou de voyage convient parfaitement — nous l’avons parcourue en vélos pliants chargés, preuve que rien n’y est extrême. Attention simplement à la circulation à gauche dans les carrefours de village, et aux pubs qui cessent souvent de servir tôt le soir : mieux vaut arriver à Hastings avant la fermeture des cuisines.
Depuis Londres (Charing Cross ou London Bridge), trains directs Southeastern jusqu'à Headcorn (environ 1 h), à 8 km de Biddenden par de petites routes. On peut aussi prendre la boucle en marche à Rye, Hastings ou Battle, toutes trois desservies par le train (Rye est sur la ligne Ashford–Hastings). Depuis la France, l'Eurostar jusqu'à Londres St Pancras est l'option la plus simple.
Biddenden est à environ 1 h de route du terminal Eurotunnel de Folkestone et du port de Douvres. Stationnement facile dans le village.
Départ de Biddenden, joli village de tisserands aux maisons à colombages. Les petites routes bordées de haies filent plein sud jusqu'à Tenterden (km 11), dont la grande rue bordée d'arbres et de boutiques mérite une première pause café.
On traverse ensuite l'Isle of Oxney, ancienne île au milieu des marais, par Wittersham (km 24), avant de franchir la Rother et de remonter par Iden jusqu'à Rye (km 33). La citadelle est un bijou : ruelles pavées de Mermaid Street, maisons de guingois, et surtout la tour de l'église St Mary, d'où la vue sur les toits de tuiles et la campagne alentour vaut à elle seule le détour. C'est l'endroit idéal pour déjeuner.
À Winchelsea (km 39), on franchit la porte médiévale d'une des anciennes villes des Cinque Ports, posée sur sa butte au-dessus des marais. Par Icklesham et Pett, la route s'élève ensuite vers Fairlight et les Firehills (km 48) : falaises de grès couvertes d'ajoncs, balise de guet et large panorama sur la Manche.
Il ne reste qu'à basculer sur Hastings (km 55) par les hauteurs d'Ore. En bas, la vieille ville s'étire entre deux collines équipées de funiculaires victoriens : plage de galets, front de mer, et le Stade avec ses hautes cabanes noires où les pêcheurs font sécher leurs filets depuis des siècles.
Pubs, tea rooms et fish & chips dans les ruelles de la citadelle ; en saison, on trouve aussi des huîtres et poissons fumés du côté du port.
George Street et High Street regorgent de pubs et de restaurants de poisson ; le fish & chips face à la plage est un classique.
La journée commence en douceur sur le front de mer : on longe la promenade par St Leonards jusqu'à Bexhill (km 7) et son pavillon De La Warr, avant de tourner le dos à la Manche et de remonter dans les collines par Catsfield.
À Battle (km 21), arrêt obligatoire : c'est ici, et non à Hastings, que s'est jouée la bataille de 1066. L'abbaye élevée par Guillaume le Conquérant sur le champ de bataille domine une place très animée, parfaite pour un café.
Par Whatlington, Sedlescombe et Staplecross, les petites routes vallonnées mènent au château de Bodiam (km 34), forteresse du XIVe siècle posée au milieu de ses douves — l'un des châteaux forts les plus photogéniques d'Angleterre, avec salon de thé à l'entrée.
La dernière partie remonte vers le Kent par Sandhurst et Benenden, au milieu des vergers et des oast houses, ces séchoirs à houblon aux toits coniques coiffés de blanc. À Cranbrook (km 49), le grand moulin à vent blanc veille sur le village ; un dernier crochet permet de passer devant les célèbres jardins de Sissinghurst (km 52) avant de boucler la boucle à Biddenden (km 60).